Walikale, Nord-Kivu – Sous un soleil timide perçant la brume matinale des forêts de l’Ouest du Nord-Kivu, les moteurs des engins de chantier ont recommencé à gronder. Ce mardi, le gouverneur militaire du Nord-Kivu a donné le coup d’envoi des travaux de réouverture et de réhabilitation de la route Walikale–Kibuwa, un tronçon stratégique longtemps paralysé depuis l’incursion du M23/AFRC en avril dernier.
Un axe coupé par l’insécurité
Sur place, les traces de l’incursion sont encore visibles : villages semi-abandonnés, tronçons défoncés, ponts endommagés. Pour les habitants, l’annonce du lancement des travaux sonne comme le début d’une nouvelle étape.
Nous avons vécu dans la peur depuis l’attaque. Plusieurs familles ont fui, et nous avions du mal à circuler, témoigne Jean-Bosco, cultivateur de Kibuwa, appuyé sur sa houe.
Voir les machines revenir, c’est un signe d’espoir.
Le gouverneur militaire, casquette vissée et escorte resserrée, a tenu à rappeler les enjeux sécuritaires de cette réouverture. Cette route servira d’abord à renforcer la présence des forces loyalistes. Un territoire n’est stable que lorsqu’il est accessible, a-t-il martelé devant les autorités locales et les notables du territoire.
Les tracteurs, nouvelle lueur d’espoir agricole
Longue de plusieurs dizaines de kilomètres, la route Walikale–Kibuwa est l’un des principaux corridors agricoles du territoire. Avant les attaques, elle permettait aux agriculteurs d’acheminer manioc, maïs, arachides et bananes vers les marchés urbains.
Mais depuis l’incursion du M23/AFRC, la quasi-totalité des activités économiques s’est retrouvée paralysée.
Nous étions coupés. Impossible de transporter nos produits. Même évacuer un malade devenait une épreuve , relate Olive, commerçante de Walikale.
Avec la réhabilitation, nous espérons que le commerce va reprendre.
Le gouverneur partage cet optimisme : Relancer cette route, c’est relancer l’économie de Walikale. Les dessertes agricoles doivent reprendre pour que la population revive.
Une foule nombreuse venue communier avec l’autorité
Autour du gouverneur, une marée de curieux, d’enfants brandissant des rameaux et de femmes applaudissant, a accompagné la cérémonie. L’atmosphère contrastait avec les heures sombres du mois d’avril.
Dans un meeting populaire improvisé, l’autorité provinciale a échangé directement avec les habitants.
Une longue séance de questions-réponses a permis à la population d’aborder les questions de sécurité, de routes secondaires, de santé et même de scolarité.
Nous avons besoin que l’État soit plus présent. Pas seulement aujourd’hui, mais chaque jour, lance courageusement un jeune enseignant.
Le gouverneur répond : Votre message est entendu. Nous devons rebâtir ensemble.
Un territoire qui veut renaître
Au-delà du geste symbolique, le démarrage des travaux intervient dans un contexte où les besoins humanitaires restent criants et la situation sécuritaire encore fragile. Mais pour la population de Walikale, cette réouverture marque le début d’un retour à la normalité.
Les premiers coups de pelle mécanique lèvent un nuage de poussière, et avec lui, un nouvel espoir d’un territoire longtemps meurtri mais déterminé à se relever.
Rédaction Dream Congo Médias