Paris, 25 janvier 2026 – Une lettre ouverte adressée au président Félix-Antoine Tshisekedi met en lumière de graves allégations de violations du droit international humanitaire et des droits humains en République démocratique du Congo (RDC). Le document, rendu public par un membre exilé de la famille NANGAA en France, dénonce des arrestations arbitraires, des détentions prolongées sans contrôle judiciaire et des pressions visant des civils uniquement en raison de leurs liens familiaux.
Selon la lettre, plusieurs membres de la famille NANGAA seraient ciblés en raison de leur parenté avec Corneille NANGAA Yobeluo, fondateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), alliée au mouvement armé M23. L’auteur rappelle que la responsabilité pénale individuelle, inscrite à l’article 17 de la Constitution congolaise et reconnue par le droit international, exclut toute sanction collective.
Parmi les cas cités, Jean Ruttens Baseane NANGAA, cousin de la famille, aurait été arrêté en janvier 2024 et détenu pendant six mois au centre de la DEMIAP, avant d’être condamné à mort lors d’un procès public en juillet 2024, sans preuves de son implication dans des activités insurrectionnelles. Didier Ilaani NANGAA, présenté comme frère de la famille, est quant à lui détenu depuis plus de quinze jours à Isiro, sans notification officielle des charges et avec un transfert envisagé vers Kinshasa, selon la lettre.
Le document évoque également des menaces, filatures et pressions à l’exil, ainsi que des opérations sécuritaires répétées au domicile familial du chef coutumier Joseph Bambito Yobei NANGAA, 86 ans, dans le Haut-Uélé, suscitant des inquiétudes quant à la protection des civils.
Ces faits soulèvent des questions sur le respect des articles 18 et 34 de la Constitution congolaise, relatifs à la liberté individuelle et au droit de propriété, ainsi que de l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949, qui protègent les civils en situation de conflit armé non international.
La lettre ouverte appelle le chef de l’État à ordonner des enquêtes indépendantes, à mettre fin à toute forme de responsabilité collective et à garantir le respect effectif des droits fondamentaux. Des copies ont été transmises aux autorités judiciaires nationales, aux partenaires diplomatiques et aux mécanismes internationaux de protection des droits humains.
À ce jour, aucune réaction officielle n’a été rendue publique. Des observateurs estiment cependant qu’une réponse rapide et conforme au droit est essentielle pour prévenir de potentielles violations graves et préserver la crédibilité de l’État de droit en RDC.
Rédaction Dream Congo Médias